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Sanjuro
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MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:40 (2015)    Sujet du message: Mode de vie Répondre en citant

L'unité politique et sociale était le clan ou plutôt la gens, Yuji. Tous les membres de Yuji étaient gouvernés par leur chef omi ou muraji. Mais deux uji l'emportaient sur les autres, l'on ne saurait dire s'ils étaient d'origine ouralienne ou malaise, bien qu'on penche plus volontiers pour la seconde hypothèse. Le premier reconnaissait pour son aïeule la déesse du soleil Amaterasu; c'est Yuji qui a formé depuis la maison mikadonale; dès le début de l'époque historique il semble jouer un rôle politique prépondérant ; en temps de guerre contre les Ainos ou les autres confédérations d'uji ouraliens et malais les chefs des uji du Yamato et de l'Ise se soumettaient à l'autorité du mikado. Gomme Yuji solaire avait le premier rang dans la hiérarchie militaire et politique, Yuji de Nakatomi avait le premier rang dans la hiérarchie religieuse. Tous les anciens hymnes que nous possédons appartiennent à cet uji. Plus tard une branche des Nakatomi abandonna son rôle religieux pour un rôle politique et prit le nom de Fujiwara. C'est de cette branche que descendent presque tous les maisons de Kuge ou nobles de cour, l'impératrice est toujours une princesse Fujiwara.


Si Yuji japonais était nettement constitué, il n'en était pas ainsi de la famille au sens que nous attachons à ce terme. Plus tard même, quand la société se civilisa davantage il n'y eut point de cérémonie matrimoniale de sorte qu'il ne pouvait être fait de distinction entre la première femme, les concubines et les simples maîtresses ni entre les enfants légitimes et les enfants naturels. Le mariage était permis avec les sœurs (au moins les sœurs consanguines), les belles-sœurs, les belles-mères, les nièces ; il est fréquemment parlé d'un homme épousant toutes ses sœurs; du reste la femme portait le nom de sœur cadette (imo). Les devoirs familiaux étaient réglés d'après l'âge et ta sexe et d'une manière assez compliquée. En première ligne le frère aîné (se ou ani), puis les frères cadets (oto, ototo), puis les aœurs aînées (ane), puis les sœurs cadettes y compris les femmes (imo, plus tard imoto ou imoto); mais si le 
rang du frère aîné était bien marqué, la situation des autres membres de la famille les uns vis-à-vis des autres était assez confuse.


L'accouchement étant considéré comme une souillure, une femme arrivée à terme se retirait dans une hutte isolée; cette hutte était sans fenêtre et personne ne pouvait porter secours à la femme avant ses rele- vailles. Sir Ernest Satow, actuellement ministre de Grande Bretagne en Chine, a pu constater en 1878 que cette coutume persistait chez les habitants de l'île de Hachijo dans l'Océan Pacifique.


Les femmes accouchaient à genoux et se tenaient pendant trois semaines accroupies avec les reins appuyés. Les enfants prenaient le sein jusqu'à deux ou trois ans ou même plus tard. Ces usages n'ont pas disparu.


Comme l'accouchement, la mort était une souillure. La maison où s'était produit un décès devait être de suite abandonnée ; à la mort du mikado on construisait une nouvelle capitale. Mais avant le début de l'ère actuelle les Japonais avaient renoncé à ces coutumes. Tout cadavre était porté dans une maison spéciale (moya). On y laissait le cadavre pendant quinze jours ; dans la suite, les grandes familles se firent une gloire de prolonger les cérémonies des funérailles ; le Kojiki nous apprend que les corps de plusieurs empereurs demeurèrent dans le moya pendant deux et même trois années. Les parents venaient y chanter, y danser, y faire de la musique, y réciter des éloges funèbres (shinobigoto) . Les funérailles se célébraient avec pompe ; ces rites anciens portent le nom de jisosai. La famille choisissait un conducteur du deuil imibe qui pendant un temps déterminé ne pouvait ni boire de vin (sake), ni manger de viande, ni toucher une femme. Plus tard les imibe formèrent un collège de prêtres. Les plus anciennes tombes étaient de simples trous creusés dans la terre, l'on y déposait le cadavre étendu dans un cercueil, qui fut d'abord de bois, puis de pierre., puis de nouveau de bois. On élevait ensuite un petit tertre qui permit de retrouver la sépulture ; sur les tombes des grands c'était un tumulus. Dans la plaine de Sakurai, près de Nara, l'on voit encore les énormes tumulus des premiers mikados ; les plus récents reposent sur des fondements de pierre ; ces tumulus sont ronds ou affectent la forme d'un cercle coupé sur la face nord, où se trouvait l'autel des sacrifices. L'on enterrait avec le corps des armes et des ornements. Tout autour du tumulus ^e dressait le hitogaki, la baie humaine : des femmes, Jes serviteurs enterrés jusqu'aux épaules. D'après le Nihongi l'année I avant Jésus-Christ, le mikado ému par les cris des personnes enterrées autour du tumulus du prince Yamato Kiko aurait défendu ces hideuses offrandes dès lors remplacées par des figures de terre glaise tsuchi-ningio.


Ce qui a subsisté de l'ancienne religion japonaise porte depuis le xve siècle le nom sino-japonais de Shin-to. Les Japonais primitifs adoraient et les dieux de la nature comme Susanoo le typhon, Amaterasu le soleil levant, et les espiits des ancêtres défunts sans qu'on puisse dire exactement comment ils s'expliquaient la survie et l'au-delà. Dieux de la nature et ancêtres s'appelaient Kami ; il ne semble pas en effet qu'on les ait distingués, amaterasu, Susanoo et tous les grands dieux étaient  
considérés comme les ancêtres de la famille impériale et les premiers souverains du Japon, créés spécialement par eux, tandis que le reste du monde était sorti du chaos sous l'action des forces naturelles. La plupart des Kami étaient des divinités locales ; il y avait le dieu ou la déesse de telle baie, de telle rivière, de telle montagne; Susanoo lui-même était surtout le dieu de l'Izumo; chacun de ces dieux locaux était tenu pour le fondateur d'un grand uji. Il semble bien d'ailleurs que les Japonais s'imaginèrent les esprits de tous les morts comme peuplant et .animant la nature. Il y avait deux sortes de sacrifices. Les uns étaient célébrés par tout le peuple en l'honneur des ancêtres du mikado principalement le Niiname Matsuri célébré dans le onzième mois,, qui donna lieu plus tard à la fête de cour dite Toyo no Akari no Sechie (fête de la lumière de l'abondance) les autres étaient célébrés par les membres d'un uji en l'honneur desujigami, les ancêtres de cet uji; d'où le nom d'ujigamisai.


Voilà tout ce que nous savons de la société japonaise primitive. Presque rien n'en a survécu; les anciennes coutumes que nous retrouvons aujourd'hui n'ont point subsisté pendant deux mille ans ; le patriotisme romantique de quelques archéologues de génie Jes a ressuscites au xvme siècle. Mais ce qui n'a jamais péri c'est la conception toute japonaise que les ancêtres. sont les véritables dieux du sol, et qu'il n'y a point à distinguer la famille, la religion et la patrie.


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MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:40 (2015)    Sujet du message: Publicité

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